La démocratisation, source de bulle spéculative?


10 Jul
10Jul

Il est très commun en ce moment de comparer l'euphorie du secteur technologique à la bulle du dot.com. J'ai moi même graphiquement fait la comparaison quand j'ai vu le ratio NDX:SPX (voir photo 1). 



Oui, nous sommes au même niveau qu'en 2000 mais lorsqu'on compare un peu plus le sujet, ce n'est pas exactement les mêmes circonstances. Cependant, l'intérêt, l'euphorie reste similaire comme dans la majorité des bulles. 

Dans un premier temps, la bubble dot.com est arrivé avec l'avènement, l'émergence et la démocratisation d'internet. Hors, aujourd’hui, internet est devenu monnaie courante. 

Ce que j'entends par là, c'est qu'internet est omniprésent partout, dans les lieux publics, les foyers, sur les téléphones individuels, au travail, dans les hôtels, restaurant... En 2000, les téléphones portables étaient limités aux textos et aux appels. Les choses ont bien évolués depuis. 

Si on regarde en 2000, les compagnies avec le plus gros pourcentage dans le S&P500 étaient les suivantes :

- Microsoft

- GE

- Cisco

- Intel

- Walmart

Et aujourd'hui, les tops 5 :

- AAPL

- AMAZON

- GOOGLE

- FACEBOOK


Le NASDAQ est plus performant que le S&P500 car il est plus concentré dans le secteur technologique comparé au S&P500 qui lui, a également une concentration sectorielle importante au niveau des banques et énergie qui sont deux secteurs qui restent fragilisés par la crise du COVID. Bien évidemment, les banques étant un acteur majeur pour les prêts, donc elles se trouvent en générale en position plus sensible en période de crise. On rajoute à cela la crise du pétrole récemment.

D'ailleurs, si on enlève les stocks FAAMG (les 5 tops holdings des indices) du S&P500, on peut constater que le marché ferait face à un autre style de scénario. 


Mais ce n'est pas le cas, les stocks FAAMG existent. On ajoute à cela l'injection de liquidités de la fed, les rachats des junks bonds.  Les injections sont faites en partie pour continuer d'aider les banques à prêter. 

Pour le Nasdaq, je rappelle que le component est différent, il y a plus de 55% du secteur technologique composé des compagnies suivantes :

Cependant, ce ne sont pas forcément les stocks de FAAMG qui ont le plus souffert durant la crise. Et tout en restant dans le secteur technologique, nous avons même eu de la croissance au niveau des réseaux sociaux et de la livraison de nourriture,  et ensuite une explosion de certaines applications comme le téléconférence, le e-commerce.


Nous sommes sous une ère différente de celle de 2000, l'ère de la démocratisation du e-commerce en ligne, du business en ligne, du trading, l'émergence du télétravail, des applications mais aussi de la vitesse, l'accessibilité, l'ère du tout est possible... 

Je n'ai pas trouvé de graphique plus à jour, mais on pouvait voir effectivement une bulle qui se produisait en 2018 au niveau du e-commerce. 


Pour le trading, il suffit de regarder les volumes d'ouvertures de comptes ou de transactions en pleine explosion suite au Zero commission et le confinement. 

Certaines compagnies comme on l'a vu monopolise pas mal les performances des indices notamment les FAAMG.

Donc je ne sais pas si dans ce cas, on devrait parler de pumper le prix artificiellement ou tout simplement, les performances sont tout simplement le résultat de la croissance et de l'explosion de certaines compagnies au sein de cette nouvelle ère.

On peut également préciser que le prix de ces compagnies étant plus élevé,  les firmes de courtage s'adaptent à ce changement en instaurant de nouveaux produits (fractions d'actions, etfs...) et rendre notamment les accès encore plus flexibles. On attire plus de monde, le phénomène du MOM&POP explose. 

Maintenant, à terme, que va t-il suivre de la démocratisation du e-commerce, du business en ligne, du trading...? Un peu comme les subprimes, un peu comme le dot.com avec internet. C'est facile, c'est accessible et c'est à la mode. 

Est-ce que finalement, les démocratisations ne provoquent pas aussi des bulles?

à suivre ;)

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