La fable de la Grenouille


21 Aug
21Aug

***English version will follow***

Vous avez certainement entendu parlé de la fable de la grenouille illustrant les faits suivants :

Si l'on plonge subitement une grenouille dans de l'eau chaude, elle s'échappe d'un bond ; alors que si on la plonge dans l'eau froide et qu'on porte très progressivement l'eau à ébullition, la grenouille s'engourdit ou s'habitue à la température pour finir ébouillantée.

C'est pour cela que j’écris ces quelques lignes pour parler du grand saut dans ma carrière de Trader. Je dois vous avouer que la décision a été longue à prendre étant donné que justement j’avais un confort de vie depuis quelques années au sein de la même entreprise.

Pour être honnête, j’ai dû beaucoup repenser à cette énergie que j’avais quand je me trouvais jeune et que j’avais cette flamme qui me poussait toujours à affronter de nouvelles conditions avec toute la naïveté que celle-ci comporte.

Pour m’encourager à foncer, j’ai dû effectivement retrouver cette énergie et pour cela, je me suis rappelé soudainement que je suis repartie 4 fois à Zéro et à chaque fois dans un pays étranger.

Premier départ à Zéro - Version 1

En avril 2008, J’avais postulé de manière aléatoire à différents postes en Angleterre mais je ne m’attendais pas vraiment à avoir de réponses ni à faire le premier grand saut à un moment si rapidement.

Et c est ainsi arrivé une journée où la directrice d’un hôtel m’appelle pour combler un poste dans son hôtel à Bristol en Angleterre. Je me rappelle ce moment ou j’ai tout de suite dit OUI sans vraiment avoir réfléchi à la demande. Je voulais quitter mon travail, ma ville et tout mais je n’arrivais pas à faire le premier pas alors cela était une opportunité.

Le soir même, j’avais des horaires de travail assez tardives et ma mère avait l’habitude de m’attendre pour qu’on discute. Je me rappelle encore ce moment comme si c’était hier, je me suis assise à coté de la cheminée, et je lui annonçais que je partais la semaine d’après en Angleterre.

J’avais seulement 20ans et je n’avais encore aucunes idées que je quitterais le pays pour plus de 10ans…

Je me rappelle encore cette époque où la barrière de la langue était bien évidemment un fait assez important surtout lorsque vous déménagez dans un pays avec une langue étrangère. Après c’était aussi une occasion de s’améliorer et de se forcer, sortir de sa zone de confort. Malgré les difficultés engendrées par celle-ci, je devais me débrouiller afin de trouver un logement et sociabiliser pour me faire des amies.

Je dois avouer que la séparation avec la famille a été bien difficile les premiers mois. Cependant, on s’habitue à son nouvel environnement et on finit par apprécier.

J’y ai passé un an et je peux vous dire que j’y ai vécu mes meilleures soirées de jeunesse.

Après mon année en Angleterre, je décide de tenter l’expérience en Amérique au Canada.

En 2009, on repart à Zéro - Version 2

C’est ainsi que je suis arrivée à Montréal le 21 avril 2009. Seulement 2000$ en poche, j’ai dû rapidement me trouver un logement, sociabiliser pour me faire un réseau d’amis et bien évidemment trouver un travail.

Le temps passe et je me rends compte que j’apprécie é énormément cet environnement, les gens, l’ouverture d’esprit, les paysages … et je décide de faire les papiers nécessaires pour rester sur du long terme.

Fin 2011, mon visa temporaire touche à fin et je dois quitter le pays pour quelques mois le temps d’obtenir ma résidence permanente.

En 2011, je repars à Zéro - Version 3

Étant donné que je ne pouvais pas rester légalement sur le territoire canadien en attendant d’avoir mes approbations, je décide de continuer l’aventure et de partir quelques mois en Australie.

En Aout 2011 j’arrive fraichement à Sidney seule de nouveau avec seulement 2000dollars. Je devais une fois de plus trouver un logement, un travail et sociabiliser pour me faire des contacts.

Je dois dire que je me suis vite retrouvée dans l’outback australien avec plus grand-chose comme argent de côté et devoir rechercher un emploi pour subvenir à mon périple dans cette petite ville aborigène de Dubbo au milieu de nulle part.

Cela a été une expérience plus difficile que les précédentes, je me trouvais vraiment aux antipodes de tout, je dois dire que j’avais plus de difficultés à m’adapter.

Le plus difficile était quand j’ai commencé à travailler dans une usine Abattoir pendant quelques temps, je n’avais presque plus rien comme argent et je devais pouvoir voyager encore un peu et pouvoir rentrer au Canada. Et par-dessus tout, je devais partager ma chambre avec plusieurs personnes pendant tout mon séjour en Australie, aucune intimité.

Je relativise bien

Mes plus beaux souvenirs restent encore dans ces paysages époustouflants, notamment dans les îles Whitsunday Island. L’un de mes meilleurs souvenirs était également lorsque que je faisais du fruit picking. Je me rappelle encore cette matinée ou je suis arrivé à 6h du matin sur les champs d’oranges, et les kangourous étaient là très proche de moi à manger les oranges. C’était tellement une expérience unique.

Une des choses importantes que j’ai appris, c’est d’apprendre à avoir du plaisir avec des petites choses. Si on n’est pas capable d’avoir du plaisir avec des petites choses, on ne peut pas apprécier les grandes choses.

Départ à Zéro – Retour au Canada version 4 

Les papiers en poche, me revoilà de nouveau au Canada fin décembre 20011.

Cette fois-ci j’avais la rage de percer dans n’importe quel travail, de me défier, de m élever et de me découvrir encore plus.

Le processus de départ reste le même, trouver un logement et un travail. Je dois dire que ceci ne m’effrayait plus vraiment. D’autant plus que j’avais déjà un cercle d’amis.

J’ai finalement trouvé un poste d’entrée à la banque Nationale du Canada en administration, j’avais tellement la foi de réussir que j’ai vite ensuite évoluer à travers 5 postes en 7 ans.  Bien évidemment, pas de changement latéral mais progressif.

Je me suis ensuite stabilisée dans le même poste, et trouver un certain confort. Il s’avère que le confort me bouille de l’intérieur, j’ai commencé à me poser des questions et je sentais la courbe d’évolution qui commençait à s’inverser. Je ne savais plus vraiment ce que j’allais faire ensuite, c’était le néant.

J’ai commencé à chercher encore et encore en essayant plusieurs choses en parallèle de mon travail, et c’est ainsi en commençant le trading que j’ai développé une passion à travers celle-ci. La passion se créé à travers l’action, elle n’est pas toujours innée.

Mon intérêt et mon énergie s’est vite concentré dessus pendant les deux dernières années.  C’était exactement ce que je recherchais, pouvoir avoir cette liberté et travailler de n’importe où dans le monde. C’est ainsi que deux ans se sont vite écoulés et ensuite est venu la Question :

 Qu’est-ce que je fais maintenant?

La peur de me lancer de manière indépendante prenait aisément sa place dans mon cerveau. Peut-être même trop.

C’est ainsi que si je cite mes départs à Zéro ci-dessus, c’est pour me rafraichir la mémoire, retrouver cette énergie qui a été complètement bruler par la zone de confort des dernières années. Mais ceci est également pour vous prouver que ce sont juste des illusions, des limites que nous sommes les seuls à nous imposer.

Grace à cela, je me suis dit, si je l’ai fait déjà 4 fois, je suis capable de le refaire encore et encore. L’humain s’adapte à n’importe quelles circonstances, c’est une de ses qualités premières.

C’est ainsi que je me suis poussée au-delà de la peur et du confort pour tenter de réaliser mes propres rêves et de trader à temps plein et réaliser pleins d’autres projets en parallèle.

Bien évidemment, lorsque j’ai pris ma décision, il y a eu de plus en plus de barrières qui se sont imposés pour m’y stopper et je sais qu’il y en aura d’autres de la même façon qu’il y a en eu pendant mon processus d’apprentissage.

Le plus amusant dans tout cela, c’est que quand j’avais quitté à 20ans la France, je savais que je reviendrai pour y apporter un savoir.

11 ans plus tard, je suis proche de ce que je veux réaliser finalement ...😊

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